L’attitude négative envers les musulmans est inversement proportionnelle à leur présence

Attitudes towards Muslims appear to be particularly negative in the Baltic and the Visegrád countries. Crucially, the very same countries have the lowest estimated Muslim population in Europe.

The data used

Source: Pew Research Center

Data released in: 2017, 2018

Elaboration: aggrégation de données

Note: données partiellement incomplètes pour Chypre, le Luxembourg, Malte et la Slovénie

Les attitudes envers les musulmans semblent être particulièrement négatives dans les Etats baltes et du triangle de Visegrád. Point important : c’est dans ces pays qu’il y a le moins de musulmans en Europe, selon les estimations.

Au cours des dernières années, le centre de recherche Pew a étudié en profondeur la démographie de la population musulmane européenne. En novembre 2017, l’étude « Population musulmane grandissante en Europe » a montré que cette dernière devrait augmenter indépendamment des nouveaux flux migratoires. Toutefois, l’ampleur du phénomène migratoire reste un facteur important permettant d’anticiper une hausse potentielle encore plus importante du nombre de musulmans à l’avenir. Selon les données de Pew, en 2016, environ 4,9% de la population européenne semble être de confession musulmane (voir la note méthodologique ci-dessous).

L’illustration 1 représente les pays européens selon la part des musulmans dans la population. Chypre, la Bulgarie, la France et la Suède sont en haut du classement avec respectivement 25,4%, 11,1%, 8,8% et 8,1%. Au contraire, la Pologne, la Slovaquie et la Lituanie enregistrent de faibles pourcentages de population musulmane (suivis de près par les autres pays de l’est et baltes ainsi que du Portugal).

A noter, Pew a publié une nouvelle étude en octobre 2018, portant sur les attitudes des populations européennes à l’égard des minorités. Celle-ci fournit également des données relatives aux attitudes des citoyens de l’UE envers les musulmans. En rentrant dans les détails afin de mieux cerner leurs attitudes, les chercheurs leur ont demandé s’ils seraient prêts à accepter des musulmans dans leur famille (cette question n’a été posée qu’aux sondés non-musulmans).

Corrélation entre la part dans la population et les attitudes

Selon l’étude, les Pays-Bas, le Danemark et la Suède occupent les premières places du classement des attitudes positives envers les musulmans. Le graphique 2 ci-dessous montre les résultats de l’enquête, en présentant à contrario le pourcentage d’ « attitudes négatives » (au lieu de celles qui sont positives) sur l’axe des Y. Par conséquent, les pays se situant en bas du graphique correspondent aux populations ayant une attitude positive.

Dans 13 pays sur 24 (Chypre, le Luxembourg, Malte et la Slovénie n’ont pas été sondés), les musulmans jouissent d’une image positive auprès de la majorité de la population (ce qui correspond aux points situés sous la barre des 50 sur l’axe des Y). Cependant, le résultat le plus intéressant du graphique concerne la corrélation entre les deux variables, c’est-à-dire la part de la population musulmane (axe des X) et la part des attitudes négatives (axe des Y).

Pour mieux montrer la causalité, nous avons regroupé les pays en régions et calculé la valeur moyenne pour chacune d’entre elles. Les résultats sont présentés sur le graphique 3.

Par conséquent, les Etats baltes et du groupe de Visegrád se démarquent, avec les attitudes les plus négatives, alors que la part de la population musulmane y est la moins élevée.

Au contraire, les pays de l’Europe de l’Ouest et nordiques, qui ont en moyenne les pourcentages de population musulmane les plus élevés, sont ceux où cette minorité bénéficie dans une large mesure d’une image positive.

Note méthodologique :

Dans la partie méthodologique de l’étude « Population musulmane grandissante en Europe », Pew indique que l’identité religieuse, par exemple « être musulman », repose sur une représentation identitaire sociologique plutôt que sur une représentation « théologique ». Par conséquent, la norme évaluant l’identité religieuse équivaut à la question : « quelle est votre religion, si vous en avez une ? ». En d’autres termes, l’étude ne prend pas en compte le niveau d’adhésion aux pratiques orthodoxes et aux croyances. De plus, Pew estime que, dans environ la moitié des pays sondés, les recensements statistiques ou les grandes enquêtes-ménages sur lesquelles l’estimation est basée permettent de répondre à la question mentionnée ci-dessus. Pour les autres pays, les estimations sont basées sur une évaluation d’autres types de données tels que les registres de population, les données sur l’immigration ainsi que d’autres rapports et sources.

lundi 11 février 2019

Source/s:

VoxEurop

Traduction:

Emmy Bussière | VoxEurop
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