L’Europe qui se peuple et celle qui se dépeuple

Depuis 2008, l’Europe a connu de profondes évolutions démographiques liées notamment aux migrations internes provoquées par la crise économique et aux migrations externes dues aux tensions géopolitiques à proximité du Vieux Continent.  

Image: Io Herodotus/wikimedia  (Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band cover)

La plupart des pays en crise de la zone euro et d’Europe centrale et orientale ont perdu de la population. Parfois dans des proportions importantes, comme dans les pays baltes, en Roumanie ou en Bulgarie.

Cela résulte certes d’une démographie de longue date déclinante mais aussi du départ massif de leurs jeunes vers des cieux plus propices : douze pays de l’Union sur 28 ont vu ainsi leur population des 20 à 29 ans reculer de plus de 10 % en dix ans, dont huit de plus de 20 %. Privés de leur jeunesse, ces pays sinistrés auront beaucoup de mal à redresser leur économie dans le futur.

Ces jeunes sont partis surtout travailler en Allemagne, qui a comblé ainsi son considérable déficit démographique (sauf dans les Länder de l’est), au Royaume-Uni ou dans les pays nordiques. Si bien que la France, malgré sa démographie plus dynamique, se trouve aujourd’hui dans une situation plus défavorable que son voisin d’outre-Rhin… C’est l’une des principales façons dont l’Allemagne a tiré profit de la crise de la zone euro : l’arrivée massive sur son territoire de jeunes qualifiés et formés en provenance d’Italie, d’Espagne, de Grèce, de Pologne… représente en pratique un transfert de richesses considérable.

Bien qu’ils aient été en première ligne dans la crise des migrants, les pays d’Europe du Sud n’ont pas vu augmenter le nombre de leurs habitants nés à l’étranger dans des proportions importantes. Cela a été le cas surtout en Europe du Nord. La Pologne est aussi l’un des pays d’Europe où cette population s’est le plus accrue du fait d’un afflux important d’Ukrainiens, fuyant les diffi­cultés politiques et économiques rencontrées dans leur pays.

samedi 25 mai 2019

Auteur/s:

Guillaume Duval
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