Comment l’Europe a échoué à faire converger les niveaux de vie

L’objectif de paix et d’une « union sans cesse plus étroite entre les peuples européens » n’est plus, aujourd’hui, le fer de lance de la construction européenne. C’est désormais la convergence sociale et économique des Etats membres qui est dans le viseur, en particulier depuis l’élargissement.

Perçue au mieux comme indifférente au sort de ses citoyens, l’Europe a encore beaucoup de progrès à faire pour tenir sa promesse d’harmonisation par le haut des niveaux de vie. 

Si la richesse par habitant des états d’Europe de l’Est a augmenté en moyenne plus vite qu’à l’Ouest (+ 300 % pour le PIB par habitant Estonien, Lituanien ou Roumain contre une hausse de 50 % aux Pays-Bas ou en Allemagne), les écarts entre premiers et derniers du peloton se creusent depuis 2000. La crise de 2008 est venue mettre en exergue la rupture entre l’Europe du sud (Italie, Espagne, Grèce…) et un cœur économique de plus concentré, autour notamment de l’Allemagne et des Pays-Bas. 

« Que l’on regarde les dette publiques, les balances courantes ou la productivité du travail, les disparités entre Etats européens n’ont jamais été aussi marquées. Pour y remédier, nous devons réinvestir l’Europe par la main gauche, c’est-à-dire la protection sociale », explique le président de l’OFCE Xavier Ragot. « Des divergences économiques persistantes pourraient menacer la promesse européenne de prospérité partagée. Quant aux divergences sociales, elles pourraient remettre en cause tout le projet d’intégration européen », souligne en effet le Fond Européen à l’occasion de la publication récente de plusieurs rapports de suivi de la convergence européenne, qui tombent à pic avant les élections de mai prochain. 

Traductions disponibles
lundi 08 avril 2019

Auteur/s:

Aude Martin
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Tags

Economie

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