Un Grand Tour du réchauffement climatique en Europe du Sud-Est

S'inspirant des grands voyages qui ont marqué l'histoire du vieux continent, c'est en fin connaisseur de la région que l'OBC Transeuropa se propose de nous guider à travers l'Europe du Sud-Est afin d'y découvrir en images les lieux les plus touchés par le réchauffement climatique. 

Paul Bril, Scène de Montagne, vers 1599 (huile sur cuivre, musée Wallraf Richartz, Cologne, Allemagne) – Wikimedia Commons

Au sein de la noblesse et des familles aisées d’Europe, il y avait jadis une tradition : achever son cursus d’étude par un long voyage ; partir à la découverte des Flandres, de la France, de la Suisse, de l'Italie – destination par excellence – et de bien d'autres contrées encore. Opportunité inespérée de consolider sa formation, de s’affranchir de la tutelle familiale et de gagner en maturité… la liste des avantages que procurait une telle expérience serait longue à élaborer.

Le réchauffement climatique à l'échelle locale

L’analyse de l’évolution des températures moyennes a été réalisée par l’OBCT et repose sur les estimations de Copernicus et du Centre européen pour les Prévisions météorologiques à moyen terme. Le résultat de ce travail provient de la confrontation des températures moyennes de plus de 100 000 communes d’Europe pour les périodes 1960-1969 et 2009-2018. L’ensemble des données est disponible ici .

Convaincus à notre tour que le voyage permet de considérer les choses avec plus de recul, c’est par ce biais que nous vous proposons de découvrir en images quelques communes d’Italie et d’Europe du sud-est qui comptent parmi les plus affectées par le réchauffement climatique dans la région – un travail réalisé par  l’OBCT dans le cadre du projet European Data Journalism Network

Le Grand tour d’hier, réservé à une élite, a inspiré chez une fraction de celle-ci des œuvres sublimes. Plus modestement, en ouvrant à tous cet horizon d’Europe, nous espérons quant à nous contribuer à la prise de conscience d’un problème qui, comme vous pourrez le constater, n’épargne pas même les hameaux les plus reculés. Un peu de prudence nous permettra de nous souvenir en temps utile qu’à voler trop près du soleil, on finit par se brûler les ailes… En attendant, en route pour l’Italie.

Novate Mezzola (Lombardie, Italie)

Depuis Milan, envolez-vous pour le Nord, contournez le lac de Garlate puis celui de Come par l’Est, traversez la réserve naturelle Pian di Spagna, longez un dernier lac. Vous voici à Novate Mezzola , petit village de 1900 habitants à la dure réputation : deux siècles durant, l’extraction du granit a constitué le cœur de son activité économique. Une histoire à découvrir au Musée du Tailleur de pierre (Museo dello Scalpellino )!

Le village de Novate Mezzola (photo : Paolo Mutti/Flickr – CC BY-ND 2.0)

Samolaco (Lombardie, Italie)

Après une halte à Novate Mezzola, reprenez votre course vers le Nord, en remontant cette fois le cours de la Mera. En quelques minutes, vous arriverez à Samolaco . Cette commune, formée d’un chapelet de petits hameaux, se distingue par son patrimoine révélateur des traditions et de l’histoire de la Valchiavenna. Le village est aussi la terre d’origine de la famille d’Arturo Umberto Illia Francesconi, président de la République d’Argentine de 1963 à 1966.

La Mera, Valchiavenna (photo : AerialVision_it/Shutterstock)

Kozje (Basse-Styrie, Slovénie)

Lassé.e des Alpes ? Fort bien, nous voici en Slovénie, où nous retrouvons une nature bien préservée. Bienvenue à Kozje, commune de 3300 habitants aux 23 hameaux, située au cœur du parc naturel de Kozjanski . En déambulant parmi les rues, on ne manquera pas d’admirer le château de Podstreda , chef d’œuvre de l’architecture romane.

Collines des alentours de Kozje et Šentjur (photo : stockvideofactory/Shutterstock)

Malinska (Primorje-Gorski Kotar, Croatie)

Après ce long périple, une petite pause s’impose ; et pourquoi pas sur l’Adriatique ?  A cet effet, l’île de Krk, avec ses eaux turquoise, ses côtes morcelées et ses belles plages lisses semble tout indiquée. De quoi nous rappeler que le réchauffement climatique n’est pas qu’une affaire continentale, puisque la commune de Malinska-Dubašnica figure également dans notre liste!

Le port de Malinska à Krk / Veglia (photo : xbrchx/Shutterstock)

Subotica (Voïvodine, Serbie)

Mais reprenons notre chemin. Nous voici résolument engagés sur la route des Balkans. Echos des batailles d’hier, rappel de la richesse culturelle et linguistique qui caractérise aujourd’hui cette région d’Europe, la ville de Subotica (98 000 habitants) aurait changé de nom environ 200 fois. Son centre-ville, marqué par l’architecture de style Art nouveau, abrite la deuxième plus grande synagogue d’Europe.

Panorama de Subotica (photo : Predrag Lukic/Shutterstock)

Rona de Sus (Maramureș, Roumanie)

Mais nous voici repartis. Plein Nord, vous arrivez à présent à Rona de Sus . Cette commune de 4700 habitants se situe à deux pas de la frontière avec l’Ukraine et de l’immense parc naturel des monts du Maramures . Ici, les clochers catholiques répondent à leurs confères orthodoxes. Pendant plus de cinq siècles et jusqu’en 1934, l’économie locale a reposé sur l’extraction du sel à ciel ouvert ; en témoignent les nombreux étangs, formés dans le creux des mines taries.

Le monastère de l'Assomption à Rona de Sus (photo : Anton Bacea/Wikimedia Commons – domaine public)

Belogradchik (Vidin, Bulgarie)

En arrivant à Belogradchik , en Bulgarie, nous avons cette fois tourné bride et changé d’atmosphère. Aux abords de la ville, le mystérieux paysage semble s’agiter et pourrait être ainsi décrit : de grandes vagues de pierre à l’écume verdoyante. Seul un détail cloche, qui nous rappelle que la cité est aussi éloignée de la Méditerranée que de la mer Noire : cette antique forteresse – la citadelle de Kaleto – nichée entre deux concrétions de pierre.

La forteresse de Belogradchik (photo : Todor Stoyanov/Shutterstock)

Debar (Macédoine du Nord)

Après les confins de Bulgarie, cap vers le Sud et retour en montagne : nous voici en Macédoine du Nord et plus précisément à Debar, à deux pas de la frontière occidentale du pays. Cette ville de 20 000 habitants est majoritairement peuplée d’Albanais. Elle est située à proximité du lac artificiel qui porte son nom, le deuxième plus grand du pays, dont les eaux permettent le fonctionnement d’une imposante station hydroélectrique et l’irrigation des cultures situées en aval.

Lac de Debar (photo : Homo Cosmicos/Shutterstock)

Vorë (Tirana, Albanie)

Depuis Debar, rien de plus simple que de se rendre en Albanie. Remontez le cour du Drin Noir et, après quelques centaines de mètres, ce sera chose faite. Se déploie ensuite un paysage de montagne grandiose, dont la traversée en direction de l’Adriatique vous mènera tout droit à Vorë. Cette commune, située dans la plaine de Tirana et que surplombent les vestiges d’un château du XIVe siècle, constitue une étape commode pour les voyageurs. Elle se situe en effet à mi-chemin entre la capitale et les plages de Durrës.

Mosquée du château de Prezë (photo : Attila Terbócs/Wikimedia Commons – CC BY-SA 4.0)

Tymbáki (Crète, Grèce)

Quoi de plus approprié que la terre d’exil de l’ingénieux Dédale pour achever un voyage à l’itinéraire si tortueux ? Notre périple se termine en Crète, plus précisément à Tymbáki . La petite ville, entièrement détruite au cours de la seconde guerre mondiale, est aujourd’hui une charmante destination touristique de la côte Sud. Située non loin des célèbres plages de Matala, on appréciera la proximité des ruines du palais de Phaistos .

Vue de Timbáki et de la baie de Messara (photo : Konstantinos Mavroudis/Flickr – CC BY-SA 2.0)

Traductions disponibles
mardi 02 mars 2021

Auteur/s:

Antoine Laurent

Source/s:

OBC Transeuropa

Traduction:

Antoine Laurent | OBCT
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